Conseil canadien des imams (CCI) et Association médicale musulmane du Canada (MMAC)

 

DÉCLARATION CONJOINTE #2

 

Pour diffusion immédiate

 

Lundi 16 mars 2020 / 21 Rajab 1441 AH

 

Bismillah hirRahman nirRaheem

Au nom d'Allah, le Très Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Paix Abondante, Bénédictions et Salutations sur le Prophète Muhammad (s)

 

Le Conseil canadien des imams (CCI) et l'Association médicale musulmane du Canada (MMAC) ont tenu d'autres réunions pour discuter de la pandémie sans précédent de COVID-19 (Coronavirus) et des implications pour la santé de tous les Canadiens, et en particulier de la communauté musulmane.

 

Les deux organisations ont convenu de ce qui suit :

 

  1. Nous recommandons fortement à TOUS les Masjids et Musallahs de suspendre tous les programmes, y compris les cinq prières quotidiennes de la congrégation et la prière du vendredi Jumu'a, avec effet immédiat jusqu'au 5 avril 2020 ou jusqu'à nouvel ordre. Des dispositions alternatives telles que conseiller aux fidèles de prier à la maison constituent un accommodement raisonnable.

 

  1. Une justification de nos déclarations de position concernant la COVID-19 accompagne cette déclaration et doit être diffusée par les deux organisations, leurs membres et leurs partenaires communautaires par voie électronique et/ou imprimée afin d'atteindre autant de membres de la communauté musulmane canadienne que possible.

 

Nous vous implorons de mettre en œuvre ces recommandations dès que possible et nous nous réjouissons de fournir des mises à jour régulières. En tant que musulmans, nous devons faire notre part pour réduire la propagation de ce virus.  En cette période difficile, nous devons rester calmes, avoir confiance en Allah (SWT) et augmenter notre attention envers Lui (SWT). Nous demandons à chacun de prier pour le bien-être de l'ensemble de l'humanité tout en restant engagé dans le Zikr et Duaa.

 

 

 

                                      

Conseil canadien des imams (CCI)                                 Association médicale musulmane du Canada

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Conseil canadien des imams (CCI) et Association médicale musulmane du Canada (MMAC)

 

JUSTIFICATION DES ÉNONCÉS DE POSITION

 

Pour diffusion immédiate

 

Lundi 16 mars 2020 / 21 Rajab 1441 AH

 

Bismillah hirRahman nirRaheem

Au nom d'Allah, le Très Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Paix Abondante, Bénédictions et Salutations sur le Prophète Muhammad (s)

Assalamu Alaikum Wa Rahmatullahi Wa Barakatuh,

Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient avec vous

 

Dans la soirée du jeudi 12 mars 2020, le Conseil canadien des imams (CCI) et l'Association médicale musulmane du Canada (MMAC) ont publié une déclaration conjointe concernant la pandémie de COVID-19 (Coronavirus), acceptant de recommander fortement le suspension immédiate des prières de la congrégation Jumu'a du vendredi dans toutes les mosquées jusqu'à nouvel ordre, faire circuler une brochure d'information dans nos communautés et établir un groupe de travail pour aider à faire face à l'impact considérable de cette pandémie sur les communautés musulmanes canadiennes. Nous avons également promis de fournir une mise à jour dans un proche avenir. Nous vous remercions tous pour les appels et messages de soutien que nous avons reçus, et accueillons et apprécions également les critiques et les divergences d'opinions. Il s'agit d'un nouveau territoire inexploré pour les individus, les organisations et les gouvernements du monde entier et il existe de nombreuses incertitudes et questions concernant l'avenir. La décision a été prise après une discussion rationnelle de diverses considérations religieuses et médicales. Nous avons volontairement résumé et simplifié notre raisonnement ci-dessous sans références ni détails techniques pour le pragmatisme.

 

La maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) est une maladie respiratoire identifiée pour la première fois en Chine qui s'est depuis propagée dans le monde entier. Au 12 mars 2020, il y avait plus de 130 000 cas et 5 000 décès dans plus de 100 pays. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré qu'il s'agissait d'une pandémie le 11 mars 2020. Cette infection se propage lorsqu'une personne entre en contact avec des gouttelettes respiratoires contenant le virus, par exemple si une personne à moins de 2 mètres tousse ou éternue. La plupart des personnes infectées ne ressentiront que des symptômes bénins tels que fièvre, toux ou essoufflement, bien que ceux-ci puissent être impossibles à distinguer du rhume ou de la grippe, ce qui rend plus difficile le diagnostic sans test formel. Plus de 70 000 personnes se sont déjà remises du virus et une personne peut être infectée et ne présenter aucun symptôme pendant jusqu'à 2 semaines. Le risque de décès est compris entre 2 % et 3 %, mais le risque est le plus élevé chez les personnes âgées de plus de 60 ans, souffrant de maladies chroniques ou d'un système immunitaire affaibli. Ce phénomène en évolution rapide a rendu difficile pour les particuliers, les organisations et les gouvernements de se tenir au courant des informations qui sont continuellement obsolètes en quelques minutes ou quelques heures.

 

Diverses orientations et considérations religieuses qui ont éclairé notre déclaration incluent la priorité donnée à la protection de la vie par rapport à la deen, le caractère sacré de sauver ne serait-ce qu'une seule vie comme équivalent à sauver toute l'humanité et l'importance de la protection et des mesures préventives. En outre, divers aménagements et flexibilités existent déjà au sein de l'islam, notamment en ce qui concerne la prière en congrégation, les restrictions de voyage liées aux épidémies de maladies infectieuses et l'importance de la propreté spirituelle et physique. Au besoin, l'expertise de médecins compétents et informés a été recherchée et intégrée, et d'autres autorités religieuses musulmanes internationales et locales, telles que l'Assemblée des juristes musulmans d'Amérique (AMJA) et la Jamaat islamique chiite Ithna-Asheri de Toronto ont ont publié des déclarations similaires à cet égard. En bref, des preuves claires existent dans nos textes sources pour établir de telles recommandations.  

 

Au moment de notre déclaration initiale, il y avait plus de 150 cas au Canada dans de nombreuses provinces du pays, avec le début d'une augmentation quotidienne accélérée des nouveaux cas et de nouvelles preuves de propagation dans la communauté. Ceci est similaire à ce qui a été observé dans d'autres pays comme l'Iran, l'Italie et les États-Unis, où en l'espace d'une semaine, le nombre d'individus infectés a augmenté de façon exponentielle par milliers. Sur la base des expériences d'autres pays qui ont pu ralentir ou limiter la propagation de l'infection, les mesures qui ont été les plus efficaces sont la mise en place précoce de mesures de quarantaine, d'isolement et de distanciation sociale, qui limitent considérablement les contacts physiques entre les individus. En l'absence de vaccins ou de traitements actuellement disponibles pour cette infection, ces mesures servent à ralentir la propagation de l'infection de manière à ne pas surcharger la capacité du système de santé, comme l'a connu l'Italie. Enfin, les voyages en cours à destination et en provenance de pays connaissant des épidémies avec des problèmes de sous-test et de sous-déclaration des cas, en particulier pendant la période des vacances de mars, sont très préoccupants. La forte recommandation de suspendre complètement les prières en congrégation est justifiée et soutenue par la décision quasi unanime des médecins praticiens membres de l'Association médicale musulmane du Canada, y compris des spécialistes des maladies infectieuses, des maladies respiratoires, de la santé publique ainsi que de la famille de première ligne, des urgences et des soins intensifs. médecins.
 

Il est également clair que les rassemblements religieux, comme en témoignent les événements en Malaisie et en Corée du Sud, ont contribué à des taux élevés de transmission de cette infection, et les procureurs envisagent de tenir pénalement responsables les chefs religieux impliqués. Il est malheureusement très concevable qu'une réponse discrète à l'épidémie par notre propre communauté musulmane canadienne puisse conduire à des résultats similaires, avec des répercussions sociétales importantes.
 

La prière Jumu'a est sans aucun doute d'une importance spirituelle particulière pour les musulmans. La congrégation peut être composée de plusieurs centaines de fidèles avec de nombreux groupes à haut risque tels que les personnes âgées ou celles souffrant de maladies chroniques, qui sont assis ou prient jusqu'à une heure avec un contact physique étroit et des actions telles que des poignées de main, des câlins et des baisers. Les mesures et pratiques strictes de contrôle des infections dans l'environnement ne peuvent pas être garanties de manière infaillible, sont difficiles sur le plan logistique et ne peuvent pas être appliquées par les Masjids. Les limitations sur la taille de la congrégation ou la restriction sélective des participants en fonction de l'âge, des antécédents médicaux, des symptômes ou des déplacements de manière fiable et responsable ne peuvent pas non plus empêcher ne serait-ce qu'une seule infection. Il est également peu plausible de compter sur les Masjids individuels pour être continuellement informés et capables de mettre en œuvre les dernières recommandations de santé publique de manière coordonnée et en temps opportun. Plus important encore, trois jours avant notre décision initiale, le gouvernement canadien a publié un document d'orientation pour évaluer le risque de transmission de cette infection lors de rassemblements de masse, et la prière en congrégation à nos Masjids a été jugée à haut risque dans la plupart des catégories.

 

Il est maintenant parfaitement clair qu'il ne s'agit pas de « si », mais de « dans quelle mesure » les Canadiens seront touchés par une vague de la pandémie de COVID-19. Avec une augmentation imminente prévue de l'épidémie au Canada, il nous incombe de prendre des mesures proactives pendant que la fenêtre d'opportunité existe toujours, ou de risquer et de subir les grandes pertes de vies que connaissent d'autres pays, peut-être seulement une courte période de temps devant nous. Ainsi, avec un consensus entre le Conseil canadien des imams et l'Association médicale musulmane du Canada, nous avons procédé à notre décision et à notre déclaration avant d'attendre les décisions gouvernementales qui peuvent être retardées par les bureaucraties et qui ont été fortement critiquées par la communauté médicale. Selon l'Organisation mondiale de la santé, la paralysie décisionnelle de jour en jour est rapidement dépassée par cette infection. Nous avons donc cherché à informer nos Masjids de toute urgence avec la prière de Jumu'a le lendemain matin, en publiant notre déclaration quelques heures seulement après notre réunion de jeudi soir.

 

Comme beaucoup d'entre vous le savent maintenant, suite à notre déclaration et depuis vendredi matin, il y a eu des développements importants à travers le Canada, y compris des restrictions obligatoires sur les rassemblements de masse, des annulations temporaires d'écoles, d'universités, d'examens et de tous les services communautaires non essentiels pendant plusieurs semaines, des modifications par d'autres lieux de culte et l'émission d'importants avertissements aux voyageurs et d'exigences d'auto-quarantaine pour tous les voyageurs. Nos établissements de santé et nos travailleurs de la santé de première ligne se préparent activement à une augmentation significative des cas et plusieurs pays du monde ont déclaré des urgences nationales ou des confinements.  

 

Au cours des jours et des semaines à venir, nous travaillerons ensemble et avec nos partenaires communautaires pour aider à fournir des conseils et de l'aide à nos Masjids, aux musulmans canadiens et à notre grande famille canadienne. Il y a d'innombrables questions sans réponse et les effets en aval de ces perturbations sur notre vie quotidienne, et la création du Groupe de travail musulman canadien sur la COVID-19 (CMCTF) vise à favoriser la collaboration entre un certain nombre d'organisations musulmanes canadiennes pour servir les besoins médicaux, spirituels, psychologiques et les besoins de soutien social de nos communautés qui ont déjà été identifiés.

 

Pendant ces temps sans précédent et incertains, nous nous tournons vers Allah (SWT) et demandons qu'Il nous protège, nous et nos familles, donne Shifa à tous ceux qui souffrent de la maladie et accorde Shahadah à ceux qui y succombent, qu'Il nous guide pour faire le bien décisions et nous pardonne nos manquements. Ameen.

 

 

 

 

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